Posted on Jeudi 22 mars 2007
Le CEO d’Adobe, Bruce Chizen, nous en avait parlé au Web 2.0 Summit de San Francisco en novembre dernier.
Aujourd’hui, le projet semble se préciser puisque ces derniers jours l’information a été reprise un peu partout : Adobe vient de sortir la version alpha de son Runtime Apollo.
Voici comment Adobe défini son produit :
“Apollo is the code name for a cross-operating system runtime being developed by Adobe that allows developers to leverage their existing web development skills (Flash, Flex, HTML, JavaScript, Ajax) to build and deploy rich Internet applications (RIAs) to the desktop.”
Cette machine virtuelle permet donc de développer des applications à mi chemin entre un site web et des logiciels standards.
Je vous invite à consulter la vidéo de démonstration, l’article de Fred Cavazza et de Pc-Inpact.
Voici un recueil des différents arguments en faveur de ce projet :
- Multiplateforme
- Permet un accès complet aux fichiers locaux
- Support du glisser/déposer
- Possibilité graphique étendus
Il est à noté que Adobe qui développe ce projet est la société dont les logiciels (flash et acrobat reader notamment) sont présent sur le plus grands nombre d’équipement au monde.
Devançant donc Microsoft, essentiellement grâce à sa très forte implantation sur les périphériques mobiles.
Seulement aucun de ces arguments ne me semble suffisamment convaincant pour assurer une réussite à Apollo face aux applications web traditionnelles :
Multiplateforme
Actuellement, disponible seulement pour Windows et Mac.
Même si nous pouvons espérer qu’Adobe propose bientôt une version Linux, n’oublions pas les gros problèmes que Macromédia a rencontrés avec son plugin flash sous l’os de Linus Torvald.
D’autre part, les applications web sont elles compatible sous toutes les plateformes.
Accès aux fichiers locaux
C’est effectivement une des plus grosses limites des applications web. Impossible d’accéder aux fichiers locaux aisément via un navigateur web. Cependant, grâce à des applets java, il est possible de contourner ce problème.
De plus, si Apollo est trop permissif au niveau des droits d’accès, nous pouvons nous demander si les administrateurs systèmes ne vont pas freiner l’installation de la machine virtuelle pour des raisons de sécurité.
Support du glisser/déposer
Un point pour Apollo, une application web ne permet pas d’interaction avec le bureau en glisser/déposer.
En revanche, le drag and drop fonctionne à l’intérieur de l’application.
Possibilité graphiques étendues
La récente utilisation massive de l’ajax et des frameworks javascript (DHTML Suite, script aculo us …) dans les applications web nous permet de développer aujourd’hui de créer des interfaces fluides et très agréables à utiliser.
J’ai le sentiment que nous repoussons tous les jours les limites graphiques et techniques de notre bon vieux couple html/javascript et que sa fin n’est pas proche.
La balbutiante généralisation des widgets avec Vista et Mac OS est également un concurrent potentiel de cette technologie car il ajoute des possibilités graphiques étendus et l’affranchissement du navigateur.
En conclusion, l’intérêt d’Apollo ne m’apparait pas clairement face à l’universalité des applications web (browser embed) et leurs fonctionnalités toujours étendues.

